
Marianne Duruel
Coordination et Photographie
25 mai
13 juin 2015
À bord de l’Ombak Putih, mai - juin 2015
Marianne Duruel
Coordination et Photographie
Journal de bord
Nous avons quitté la veille la Belgique, la France et la Suisse sous le soleil mais un printemps frileux, direction les cieux plus cléments des « Petites îles de la Sonde ».Première escale asiatique: Singapore, nous survolons à l’atterrissage de petites îles toutes drapées du vert de leurs forêts denses. Puis, c’est la Péninsule malaise et la forêt tropicale humide fait place à des « litanies » de palmiers à huile. Pendant des minutes les épis étoilés parfaitement alignés défilent en-dessous de nous. Des mangroves, il ne reste qu’un liserait côtier… Le fléau a frappé… Enfin, la ville se présente à nous. Atterrissage, sortie de l’avion pour se dégourdir les jambes, contrôle de police pour l’assouplissement et nous redécollons. Le temps d’un repas à bord et nous survolons de nouveau des îles… Bientôt une douce chaleur nous enveloppe… Bienvenue à Bali!
Après une bonne nuit dans le très balinais hôtel « Puri bambu », le palais du bambou, nous sommes accueillis avec chaleur par Régine et nos guides balinais. Nous découvrons les premiers secrets de cette île du sourire et les us et coutumes au quotidien. Nos deux petits bus se faufilent avec aisance sur les petites routes qui nous emmènent vers le Nord de l’île. Sur l’ »île des Dieux »où les offrandes sont partout, où l’on klaxonne pour dire « Excusez moi je vais passer » devant les lieux où sont les esprits… les temples sont nombreux: près de 20000… Nous en visitons un premier temple à Mengwi, Pura Taman Ayun, le « temple du jardin flottant » construit au XVIIe siécle. Bientôt les rizières sont partout, du riz à tous les stades de croissance: riz traditionnel aux longs épis d’un bon mètre de hauteur ou riz « moderne » plus bas mais récolté 3 fois par an pour 2 fois avec le précédent… Nous déjeunons face aux rizières avant de prendre la route pour le subblime temple Ulun danu Beratan au bord du lac Bratan. Nous flânons avec délice dans ce lieu si enchanteur. Puis nous gagnons Munduk pour la nuit.
Nous nous réveillons au coeur des rizières, un jeune homme agite un grand tissu avec énergie pour changer les gourmands petits voleurs ailés… Nous partons pour une petite randonnée vers une cascade. La température est idéale, les feuilles d’igname couvertes de perles de rosée et les habitants que nous rencontrons en chemin tout sourire… C’est l’occasion de découvrir: girofliers, caféiers, manguiers… Des noix de muscades et des fèves de cacao sèchent au sol… La production agricole de cette petite île, grande comme un département français, est variée… Après cette première « mise en jambe », nous rejoignons un secteur de forêt primaire protégé pour une randonnée plus conséquente au coeur d’une vraie cathédrale de verdure ponctuée des éclats rouge des fleurs de gingembre… La flore est à son apogée: les ficus sont gigantesques, les épiphytes omniprésents, des draperies de mousse filtrent la lumière…
Des chants d’oiseaux nous accompagnent mais si eux nous observent, pour nous ils resteront les mystérieux chanteurs de la forêt… Nous débouchons sur le lac Tambligan que nous traversons en pirogues doubles traditionnelles. Après les jambes, les bras… Certains vont se jeter dans une course à la pagaie tandis que d’autres resteront conACtemplatifs, à chacun ses plaisirs… Le parc ornithologique nous entraîne parmi les oiseaux des différentes îles indonésienes et quelques « touristes amazoniens »… Puis les reptiles en font frémir quelques uns, pourtant ils ont tous de manifestes reculs à l’approche humaine et le réflexe de fuite… Nous avons rencontré notre premier varan de Komodo!
Nouvelle nuit dans les rizières et départ vers le Sud de l’île. Aujourd’hui, nous démarrons « sportivement » par le temple Gunung Kawi. La lumière est superbe. Les volées de marches nous entraînent dans le vallon au fond duquel se trouvent le temple et les cénotaphes creusés dans la falaise. Tout autour les rizières « cascadent », ponctuées de bosquets d’arbres variés. Un tulipier du Gabon en fleurs domine le versant ouest de son bel éclat rouge orangé. La remontée entre les échoppes des marchands du temple est non moins sportive.
Quelques kilomètres de route animée et de rizières plus loin, nous arrivons au Pura Tirtha Empul, en quelque sorte, le Lourdes balinais. Le lieu est extrêmement paisible. Les bains rituels, dans une ambiance ensoleillée et recueillie, donnent des scènes de toute beauté. La visite est passionnante, d’autant que nous assistons à des arrivées d’offrandes Puis, c’est l’ascension vers le cratère du Batur, à 1717 m d’altitude. Une petite route serpente vers le fond. La dernière coulée de lave est bien visible. Ici, pas de rizières mais des cultures maraichères et de la pisciculture. Puis nous profitons de la perspective depuis le point le plus haut du cratère.
Après le déjeuner pris face à de belles « cascades » de rizières, nous continuons notre périple balinais vers le temple « mère », celui de Besakih. C’est le plus grand et le plus sacré de l’île. Enfin, avant de regagner notre charmant hôtel « Puri Bambu », nous visitons une maison balinaise traditionnelle. Entourée de murs d’enceinte, elle regroupe toute la famille au sens large. La partie cuisine est commune et chaque couple et enfants ont leur propre petit bâtiment. On y trouve aussi un grenier à riz et un temple familial. Tout est ordonné selon des règles très précises liées à la cosmogonie. A Bali, le quotidien aussi est un rituel!
Aujourd’hui, changement de décor, nous quittons « l’île des dieux » pour « l’île aux fleurs », en passant de Bali à Florès… Le trajet entre notre « Palais de Bambou » et l’aéroport nous ramène au XXIe siècle: encombrements routiers et grandes artères… Mais ça n’est que très temporaire… Dans un ATR flambant neuf, nous survolons toute une partie de la Wallacea, zone de contact entre faune et flore asiatiques et australiennes. En effet, la célèbre ligne de Wallace marquant le point de chevauchement,et discutée pour sa précision dès 1928, a donné lieu à cette appellation pour une zone entière. Les îles toutes de vert vêtues et frangées d’un dégradé turquoise de plus bel effet défilent sous l’avion.
Nous faisons une escale tout à l’ouest de Florès à Labuan Bajo, une ville portuaire fort active. Puis nous survolons le centre de Florès et le parfait dôme du volcan Inerie présente bientôt son sommet complètement dégagé de nuages. Nous le retrouverons de beaucoup plus près dans deux jours. Finalement, c’est l’atterrissage à Ende, située en plein milieu de la côte Sud de Florès. La silhouette de l’île est un peu similaire à celle de la Crête par sa taille. Florès affiche environ 350 km de long pour 12 à 60 km de large, mais là s’arrête toute ressemblance…
Un bus et notre guide nous attendent et nous prenons la route vers l’intérieur, le pays Lio. La route vers Moni parcourt une large gorge et le paysage se révèle rapidement spectaculaire. Un premier arrêt nous permet de franchir une petite rivière sur un pont de bambou pour découvrir les productions agricoles locales.
Puis notre chemin repris, nous nous trouvons vite stoppés car de gigantesques glissements de terrain ont nécessité des travaux colossaux qui obligent à fermer la route. C’est l’occasion d’avoir de joyeux échanges avec les passagers des « bus » locaux, mi-bois-mi bus, mais toujours « costumisés » avec forces peintures, multiples décorations et l’indispensable sono à fond, gage d’un bon véhicule… Et qui souvent résonnent au son du reggae… Bienvenue à Florès!
Le volcan Kelimutu nous attend ce matin. Après une ascension en bus sur une minuscule route bordée de fougères arborescentes, nous continuons à pied. Sur certains secteurs lunaires, la végétation est en train de s’établir tandis que d’autres zones sont déjà bien boisées. Une « volée » de marches, un petit sentier et voici le point de vue sur les 2 premiers lacs acides qui font la notoriété du Kelimutu. Les couleurs étonnamment vives: l’un est d’un vert un peu laiteux, l’autre est d’un beau turquoise. Il y a 15 jours, l’un était turquoise et l’autre rouge… Ils ne sont séparés que par une mince paroi. Ces lacs présentent des éruptions de type phréatique et selon leur composition chimique la couleur change. Ils sont, en effet, l’objet de renouvellement par mixage des eaux, probablement sous l’effet de fumerolles subaquatiques. Quand le lac est verdâtre, il est très acide et riche en gaz sulfureux et sels ferreux. La couleur vineuse, elle, correspond à un lac non plus acide et les sels ferreux verts s’y oxydent en sels ferriques rougeâtres. Toutes ces explications sont l’héritage du regretté Maurice Krafft.
Après le premier point de vue, nous avons continué notre ascension vers le sommet. De là, une troisième lac est visible. Les Lios viennent y faire des offrandes car, pour eux, les âmes de leurs défunts trouvent refuge dans ces lacs. Partis juste au lever du jour, nous assistons à la montée du soleil qui éclaire de plus en plus largement les lacs. Sur de légères draperies de fumerolles blanches courent sur les eaux turquoise. Après ce beau spectacle naturel, nous redescendons vers notre éco-lodge pour un petit-déjeuner bien mérité.
Nous reprenons la route vers Ende, la plus grosse ville de Florès. Avant de nous enfoncer dans la gorge, nous nous arrêtons à photographier des rizières puis au village de Wologai. Les maisons traditionnelles Lio sont ornées de sculptures. Dans le village, les habitants sont accueillants et nous font des démonstrations spontanées de diverses activités. Des fèves de cacao sèchent au sol tout comme les tranches de noix d’arek qui rentrer dans la composition de la chique de bétel, additionnée d’un peu de bicarbonate de soude.
Nous sommes de nouveaux chanceux en ce qui concerne les travaux routiers: à peine le temps de se dégourdir les jambes et la circulation redémarre dans une envolée de petites motos. Puis c’est Ende et nous découvrons notre bateau: il a fière allure. A table! La croisière commence!…
Premier débarquement à Aimere pour prendre la route vers les villages traditionnels Ngada. Situés directement au pied du volcan Inerie, leur architecture très spécifique chargée de symboles, toujours d’actualité, révèle la force de leur identité préservée. Pour se rendre dans ces villages situés au coeur de Florès, de petites routes « escaladent » les flancs d’anciens volcans. Nous traversons des forêts de bambous de 30 mètres de haut et près de 35 cm de circonférence… Ils servent à construire des maisons ou sont exportés vers la Hollande.
Nous en traversons à pied. Puis, quelques kilomètres plus loin, nous faisons connaissance avec les habitants de Luba et de Bena. Leur mode de vie, leur organisation en matriarcat, la signification des symboles dont les maisons sont ornées n’ont bientôt aucun secret pour nous. Dans cette région, nous sommes vraiment sur un front pionnier. De toutes parts, le milieu naturel fait place aux girofliers, anacardiers, poivriers, bananiers. Les paysans vendent leur production à des chinois d’Aimere qui conditionnent tous ces produits à Java pour les commercialiser dans le marché international. Impossible de trouver la moindre noix de cajou à acheter localement… Pour certains c’est le bus, tandis que d’autres marchent à flanc de montagnes vers le village de Tololela. Aucune route ne permet d’y accéder en véhicule motorisé. Dans ce village préservé, le sourire est de mise et la vie y coule hors du temps au rythme du… reggae.
Le déjeuner offre à qui veut un bain dans des sources chaudes. Pour le retour vers le bateau, nous empruntons une route de corniche qui suit la côte, nous sommes « cernés » par les cocotiers… Un dernier passage chez le fabricant d’arak, l’alcool local… Et bienvenue à bord!
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Messages
Merci Marianne pour ce compte-rendu très fidèle à l’impression que nous a laissée ce beau voyage effectué sous votre houlette !
De jolies découvertes , des émotions ,notre curiosité toujours stimulée ; un groupe sympathique où chacun était attentionné à l’autre ; le tout accompagné de la compétence professionnelle , de l’enthousiasme naturaliste entraînant, de la patience et de l’humour bienveillant de Marianne ; bref , une « aventure » enrichissante et très plaisante !
-(tout petit bémol : un peu trop de bus à Bali (organisation du circuit ?) et absence de temps prévu pour un peu de shopping ,- à Ubud notamment -,ce qui aurait fait plaisir à nos proches lors de notre retour . .)