Les guides et chefs d’expéditions

Christian Kempf

Président Fondateur de Grands Espaces

Jean Robert Couplet

Raymond Perrin

Arctique

Rémi Suchowierch

Guide naturaliste

Nathanaël Vetter

Arctique et Antarctique

Fabrice Capber

Guide Polaire

Hélène Le Berre

Ethologue

Dr Laurent Balp

Médecin d'expédition

Mariette Jouffroy

Chargée de la production aérienne

Mathilde Gardin

Conseillère voyages

Extrême Nord-Est du Groenland, à bord de l’Ocean Nova

Certaines photos d’illustrations ont été prises lors de précédents voyages. Lorsque celui-ci sera terminé, nous publierons les photos de la croisière.

JOUR 1 – mardi 3 SEPTEMBRE :

Afin de rejoindre l’Ocean Nova depuis Keflavik, où nous sommes arrivés la veille, nous passons une journée en Islande le temps des 450 km de trajet en bus vers Akureyri, la capitale du nord. Le volcan, entré en éruption le 22 août dernier dans la péninsule de Reykjanes, nous fait un premier clin d’œil au moment de l’atterrissage, offrant une vue sur sa lave incandescente et ses volutes blanchâtres. Avant 2021, cette région de l’Islande n’avait pas connu d’éruption depuis 800 ans ; elle en a déjà subi six depuis le mois de décembre !

Nous empruntons la route n°1, dite « route circulaire », qui est la principale route islandaise permettant de faire le tour complet de l’île en 1 339 km. À nouveau, nous avons la chance d’observer le volcan depuis la route : c’est incroyable ! Nous prenons la direction de Borgarnes vers le nord en empruntant un impressionnant tunnel de 5 770 m de long sous un fjord. La route sillonne ensuite les environs de Bifröst avant de rejoindre Blönduós et d’arriver à Akureyri. Akureyri est la capitale de la région Norðurland eystra et un important port maritime. Il s’agit de la quatrième ville d’Islande. Tout au long de cette route, il ne se passe pas 10 km sans que nous nous émerveillions de la splendeur des paysages.

Pendant ce trajet, les guides nous parlent de nombreux sujets, notamment du volcanisme islandais qui a donné naissance aux paysages magnifiques que nous traversons. Avec 200 volcans actifs et une éruption tous les 4 à 5 ans, l’Islande est le « paradis des vulcanologues », selon les dires des célèbres et regrettés vulcanologues Maurice et Katia Krafft, qui se rendaient régulièrement en ces terres incandescentes. Nous apprenons, par exemple, que l’éruption en cours sur Reykjanes est une éruption de type rouge, dite effusive. Il s’agit plus précisément d’une éruption fissurale, de la lave fluide émanant des profondeurs à partir de plusieurs fissures apparues successivement et mesurant plusieurs centaines de mètres de long. Nous comprenons mieux comment toute l’Islande a été formée à partir de montées de magma provenant de la dorsale médio-atlantique et du point chaud, à partir desquels ce jeune pays – à l’échelle géologique – a été formé voilà 15 millions d’années.

L’histoire des Vikings est également incontournable lorsque l’on voyage en Islande. Cette histoire fait le lien avec notre destination, le Groenland. Si le viking Ingólfur Arnarson guida les premiers colons norvégiens dans la zone de Reykjavik en 874, c’est un autre viking célèbre, Erik le Rouge, qui, banni d’Islande pour meurtres, partit à la recherche d’autres terres et aboutit sur un territoire qu’il nomma Grønland, n’apercevant que la partie méridionale verdoyante de cette immense île de glace que nous allons très bientôt découvrir.

Lors du déjeuner à Blönduós, des souffles de baleines aperçus au loin nous envoient un signe prémonitoire quant aux chances d’observer des cétacés au cours du séjour. Nous atteignons Akureyri en milieu d’après-midi, puis son port et embarquons à bord de l’Ocean Nova.

Une fois l’exercice d’abandon effectué, c’est le grand départ plein nord vers 18h. Avant le dîner, notre chef d’expédition, Christian Kempf, et son équipe se présentent à nous. Des informations indispensables à notre sécurité et au respect des territoires sauvages et fragiles que nous allons explorer nous sont présentées. Nous sommes prêts, que l’exploration commence !

Jour 2 – mercredi 4 septembre

Après une belle nuit en mer entre Akureyri et le Groenland, nous sommes réveillés par la voix de Christian, qui nous indique la situation : position du bateau, température extérieure, prévisions météorologiques, ainsi que le programme de la journée. Ce sera une journée nuageuse sans soleil.

À 09h00, nous nous rendons au salon panoramique pour assister à une conférence de Jean-Robert sur les courants marins. Il commence par une vidéo sur la formation des continents et les trajets des courants marins qui en découlent. Cette présentation, très complète et illustrée par plusieurs petites vidéos, nous aide à mieux comprendre ce sujet complexe.

À 11h30, Nathanaël prend la parole pour parler de la composition photographique. Grâce à ses nombreux conseils et techniques, nous ne pourrons que perfectionner nos futurs clichés.

Après un délicieux déjeuner, l’après-midi commence par une conférence sur les baleines, animée par Hélène. Elle partage ses expériences avec les otaries à fourrure, puis évoque les différentes baleines que l’on peut rencontrer dans le Parc National du Nord-Est du Groenland : baleine bleue, baleine à bosse, baleine franche, grand rorqual, petit rorqual, béluga, orque et narval.

En fin d’après-midi, lors du récapitulatif, Nathanaël nous aide à identifier les nombreuses espèces d’oiseaux observées durant la journée. L’oiseau qui tourne sans cesse autour du bateau, profitant des courants d’air créés par celui-ci, est le fulmar boréal.

Cette intervention est immédiatement suivie par le Cocktail du Commandant, chaleureusement applaudi par tous les passagers !

Nous terminons la journée avec la projection du film intitulé « J.-B. Charcot, une aventure polaire ».

Jour 3 – Jeudi 5 septembre 2024

Aujourd’hui, nous entrons dans les eaux groenlandaises… Les Alpes de Liverpool défilent à bâbord, tandis que l’Ocean Nova poursuit sa route vers le nord, entrant dans l’immense fjord du Roi Oscar.

Peu après le petit déjeuner, un message nous annonce que deux ours nagent en plein milieu du fjord ! Nous sommes impressionnés par leurs capacités de nage et de thermorégulation. Une première rencontre insolite et fascinante !

Ours Polaire nage Svalbard

Nous les laissons rapidement afin de ne pas les stresser et continuons notre route vers le Drømmefjord, le fjord des rêves… Première sortie en zodiac avec une petite présentation des règles de sécurité de ces « destroyers des mers ». Nous découvrons des roches aux couleurs très variées, passant du brun au rouge, puis à l’ocre. Ce sont des basaltes, dont certains contiennent des oxydes de fer.

Arrivés au fond d’une grande baie, un zodiac nous annonce avoir vu un ours ! Les zodiacs convergent pour se placer dans l’axe afin de l’observer. L’animal se trouve à plus de 2,5 km, et un défilé rocheux nous permet de le voir seulement sous certains angles. Il est à mi-pente, fouillant dans ce qui semble être la carcasse d’un autre ours. Bien qu’éloigné, il se distingue nettement dans le paysage.

De retour à bord, nous continuons notre route vers l’intérieur du fjord du Roi Oscar. Vers 17h30, Christian, notre chef d’expédition, nous invite à un petit « raid » en zodiac le long des côtes jusqu’aux îles Haslum, avec près de 20 miles nautiques à parcourir.

À peine partis, nous apercevons un nouvel ours descendant vers le rivage en notre direction. Il est entouré de plusieurs lièvres arctiques, dont le blanc immaculé contraste fortement avec le pelage beige cassé de l’ours. Une superbe observation.

Ours polaire Groenland

Nous reprenons notre route, et à seulement 3 km de là, nous découvrons un deuxième ours, allongé dans un éboulis, à quelques centaines de mètres du rivage. Celui-ci reste impassible, tandis que nous continuons vers l’ouest.

Les eaux sont de plus en plus calmes, et le soleil, caché derrière les nuages, diffuse une lumière parfaite ! Les photos se multiplient, et nos regards s’écarquillent devant cette scène hors du temps, entourée de falaises côtières de basalte qui prennent des teintes chaudes.

Il est bientôt l’heure de remonter à bord pour le dîner, où tout le monde partage avec enthousiasme les nombreux souvenirs déjà accumulés…

Après le repas, nous avons rendez-vous au salon panoramique pour un « récapitulatif », où certains de nos guides reviennent sur les observations mémorables de cette première journée au Groenland. Christian évoque les cinq (!) ours observés, Fabrice parle du plancton qui peuple ces eaux, et Jean-Robert nous montre des images capturées par drone, offrant une toute nouvelle perspective sur certains moments de la journée.

Ravis et fatigués par tant d’intensité, nous allons nous coucher.

Jour 4 – vendredi 6 septembre 2024

Ce matin, nous arrivons très tôt dans le fjord de l’Empereur François Joseph, nommé ainsi en l’honneur du souverain austro-hongrois François Joseph (1848-1916), qui a soutenu l’expédition de Karl Koldewey en 1869-1870.

L’Ocean Nova navigue dans ce long et magnifique fjord jusqu’au glacier de Nordenskjöld, où nous nous rapprochons avant le petit déjeuner. Depuis les ponts du bateau, chacun peut admirer la splendeur du fjord, les sommets environnants, comme celui de Petermann qui culmine à 2943 m, ainsi que l’impressionnant front de glace du Nordenskjöld.

Le bateau longe le glacier avant de mouiller devant la vallée du Paradis.

À 9h30, la plupart d’entre nous descendons à terre. Le site est incroyable : nous y visitons la minuscule hutte de trappeur Rendalshytten, un abri exigu où l’on imagine la vie rude des trappeurs, partagée entre la chasse au renard et à l’ours polaire et les moments passés dans cet abri en bois, chauffé par un poêle à charbon. Devant la cabane, des bois de rennes, vestiges de l’époque où ces animaux paissaient encore dans cette vallée, rappellent qu’ils ont disparu de l’est du Groenland probablement vers 1930.

À quelques dizaines de mètres, de grosses pierres disposées en cercle témoignent de l’ancien camp de chasse des Inuits de la civilisation de Thulé. On y devine une maison semi-enterrée avec son tunnel d’entrée.

Nous partons ensuite marcher. Certains optent pour une courte balade, profitant de la quiétude des paysages et s’intéressant à la végétation de la toundra. Les marcheurs les plus aguerris prennent de la hauteur pour tenter d’approcher les bœufs musqués que nous voyons au loin, tout en admirant la vue magnifique sur le fjord de Kjelrulf.

Boeuf musqué

Pendant ce temps, un groupe en zodiac repère un ours sur une carcasse de bœuf musqué à environ 1 km. Cette nouvelle écourte nos randonnées respectives, et nous remontons tous dans les zodiacs pour aller l’observer.

Nous avons la chance incroyable d’assister à une nouvelle observation extraordinaire. L’ours, au bord de l’eau, se nourrit de la carcasse d’un bœuf musqué qu’il a probablement chassé. Autour de nous, les montagnes et le champ d’icebergs de Kjelrulf forment un décor majestueux, sous un ciel bleu éclatant.

La vallée du Paradis porte décidément bien son nom.

Après le déjeuner, nous remontons à bord des zodiacs pour une longue balade au milieu du champ d’icebergs géants dans le fjord de Kjelrulf. Ces icebergs proviennent du glacier de Nordenskjöld et sont déviés par des vents catabatiques pour s’échouer dans un « cimetière » impressionnant. Durant cette croisière en zodiac, nous avons également l’occasion d’observer un groupe de bœufs musqués, composé d’adultes et de quelques jeunes.

De retour sur le bateau, celui-ci appareille rapidement et reprend sa navigation dans le fjord de l’Empereur François Joseph.

Après le dîner, nous revenons sur les observations exceptionnelles de la journée, et Christian, notre chef d’expédition, nous explique le programme des jours à venir.

Jour 5 – Samedi 7 septembre 2024

Nous nous réveillons ce matin avec la traditionnelle annonce de Christian, notre chef d’expédition. Nous entamons la journée par une croisière en zodiac devant un impressionnant front de glace : le glacier de Waltershausen, long de 12 km, qui offre une vue spectaculaire. Le ciel bleu a laissé place à un plafond bas, enveloppant les montagnes de grès rouge, hautes de 1 200 mètres, dans une ambiance mystique.

Après le petit-déjeuner, nous partons pour notre première activité. L’air, plus frais, stimule nos sens alors que nous nous aventurons parmi des icebergs géants échoués à quelques centaines de mètres du glacier. Les teintes bleues infinies de la glace, baignées dans une lumière diffuse et douce, sont d’une beauté à couper le souffle. Nous avons même la chance d’observer des phoques annelés, qui émergent régulièrement pour nous saluer de leurs moustaches.

Phoque annelé Smeerenburg

Petit à petit, nous nous rapprochons du front de glace. Les majestueux séracs dominent l’horizon. Notre équipe d’expédition nous guide à travers ce monde glacé, naviguant avec habileté entre le brash, les bourguignons et les sarrasins – cette glace brisée qui, malgré son apparence chaotique, ne freine pas notre progression. Le soleil perce timidement les nuages, illuminant doucement le glacier. Les explications de nos guides enrichissent encore plus notre émerveillement. En fin de balade, nous empruntons une petite rivière étroite qui sépare le glacier des roches côtières. À cet endroit, le glacier paraît figé, accroché solidement à la roche. C’est un moment privilégié, entouré par la puissance et la majesté de ces éléments naturels.

Nous retournons à bord de l’Ocean Nova pour le déjeuner.

L’après-midi est consacré à une longue sortie de près de quatre heures dans la toundra du site de Broget Dal, ou « vallée multicolore », ainsi nommée pour les roches colorées qui ornent les montagnes environnantes. Un premier groupe de marcheurs serpente le long de la plage, découvrant trois huttes historiques : une hutte de trappeur, pyramidale et  d’urgence construite par le gouvernement danois, et une hutte utilisée par la patrouille Sirius, l’unité d’élite de la marine danoise, chargée de veiller à la sécurité et au respect des règles dans le parc national du Nord-Est. Crânes de bœufs musqués, vestiges des trappeurs, et un traîneau ancien des patrouilleurs ponctuent la balade, nous plongeant dans l’histoire de ce lieu. Le groupe continue ensuite vers le lit d’une rivière où, durant plusieurs heures, ils observent un grand nombre de renards polaires en quête de saumons dans cette plaine alluviale.

Cette promenade bucolique nous transporte dans des paysages fascinants et variés, ponctués de sites d’intérêt historique.

Un deuxième groupe s’élance pour une randonnée plus soutenue. Après la visite des cabanes, ils remontent la rivière à travers la toundra, les mollisols et les formations rocheuses. À quelques dizaines de mètres, un renard polaire gris argenté passe furtivement derrière eux.

Observation Renard Polaire Spitzberg

Plus loin, des lièvres arctiques apparaissent au loin. Le groupe atteint finalement un magnifique lac glaciaire au pied d’une falaise colorée. Le spectacle est inoubliable : une explosion de couleurs sous le ciel arctique. Nos guides repèrent des bœufs musqués, et grâce à une approche discrète, nous parvenons à nous approcher d’un mâle à une cinquantaine de mètres. Après avoir remarqué notre présence, il s’éloigne tranquillement vers le reste du troupeau au bord du lac. Quelques photos des paysages splendides clôturent cette belle randonnée avant de retourner aux zodiacs. Le vent s’est levé, rendant le retour à bord un peu sportif et humide, mais cela fait partie de l’aventure arctique !

Enfin, un dernier groupe, composé de non-marcheurs, profite d’une croisière en zodiac le long de la côte environnante. La découverte des icebergs et des roches colorées laisse à tous un souvenir impérissable.

Jour 6 – Dimanche 8 septembre 2024

Le réveil est un peu plus matinal aujourd’hui pour nous annoncer que nous arrivons face au Teufelsschloss, le « Château du Diable ». Cette formation géologique impressionnante, entourée d’icebergs, est un spectacle à couper le souffle, et nous ne sommes pas déçus !

Après avoir admiré cette merveille naturelle, c’est l’heure du petit-déjeuner, suivi des préparatifs pour les activités de la journée.

Il fait un temps magnifique. Bien que protégés dans le Fjord du Roi Oscar, il est difficile d’imaginer la tempête qui fait rage au large des côtes du Groenland.

Nous nous divisons en trois groupes. Le premier suit une leçon fascinante de géologie avec notre chef d’expédition, Christian Kempf, qui nous plonge dans l’histoire des roches qui s’étendent sur des millions d’années. Les formations colorées défilent devant nous comme des tableaux, un vrai régal pour les passionnés de photographie.

Les deux autres groupes débarquent pour explorer Blomsterbugten, la Baie des Fleurs, et marcher jusqu’au lac glaciaire de Noa Dal. Rémi et Jean-Robert accompagnent le groupe des promeneurs, tandis que Nathanaël et Fabrice mènent les randonneurs. Les deux groupes ont fait d’incroyables observations. Du côté de la flore, nous avons vu des épilobes, du saule polaire, du bouleau nain, du raisin d’ours et des dryades à huit pétales. Côté faune, des bœufs musqués et des lièvres arctiques ont été observés dans leur habitat naturel, chacun se préparant à sa manière pour affronter le rude hiver qui approche. Du côté des oiseaux, nous avons pu observer les derniers spécimens qui n’ont pas encore migré vers des régions plus tempérées, notamment de nombreux sizerins blanchâtres, quelques bruants des neiges, de rares oies à bec court et, au loin, deux plongeons catmarins.

Découverte du Plongeon Catmarin

Tout le monde revient à bord pour un délicieux repas, puis nous profitons de la navigation pour admirer le fabuleux paysage qui nous entoure. Nous quittons le Fjord du Roi Oscar pour rejoindre l’Antarctic Sund, puis le Sofia Sund.

Sous un ciel parsemé de nuages lenticulaires, le soleil éclaire le sommet rougeâtre des montagnes environnantes, si caractéristiques du Groenland. Le Mont Rouge, en particulier, offre un contraste saisissant avec le bleu intense du Sofia Sund. Ce spectacle est tout simplement indescriptible.

À 16h30, Fabrice nous fait une présentation passionnante sur le bœuf musqué, un animal emblématique du Parc National du Nord-Est du Groenland. Il aborde l’étymologie (trompeuse) de son nom, son histoire, sa biologie et son comportement. Fabrice évoque également les menaces qui pèsent sur cet animal, notamment la chasse, les maladies, les polluants et le réchauffement climatique. Nous avons même droit à une digression sur les parasites du bœuf musqué !

À peine la conférence terminée, Christian Kempf reprend le micro pour nous annoncer que trois ours ont été aperçus à tribord par Nathanaël ! Il s’agit d’une femelle et de ses deux petits de l’année. Bien qu’ils soient éloignés, les jumelles nous permettent de les observer. Peu après, une passagère signale un quatrième ours, qui se dirige droit vers la femelle et ses petits ! Tout le monde retient son souffle… La nature, dans ce paysage sauvage, peut être cruelle. Heureusement, le quatrième ours, probablement un mâle, s’arrête, s’assied, puis fait demi-tour. Soulagés, nous rentrons à l’intérieur pour nous réchauffer.

 

La journée n’est pas terminée. Lors du récapitulatif, nous revenons sur le thème du bœuf musqué grâce à une incroyable vidéo de drone, réalisée par Jean-Robert et commentée par Fabrice. Elle montre deux énormes mâles se défiant au bord d’une falaise. Leurs charges successives, dans un combat pour un harem, nous laissent bouche bée.

Pour clore cette journée intense, un barbecue polaire est organisé pour le dîner. Muni de nos vêtements chauds, nous nous dirigeons vers le pont 5 pour déguster un bon repas tout en profitant d’un magnifique coucher de soleil. Quelle journée extraordinaire !

Jour 7 – Lundi 9 septembre

Nous mettons le cap au nord, au large de Wollaston Forland, en laissant Sabine et Pendulum sur notre travers.
La mer est agitée, et nous croisons des morceaux de banquise épars, tandis que les icebergs sont secoués par les vagues.
Le ciel, d’un bleu profond, contraste avec les rivages désormais enneigés, rendant les terres plus visibles sous cette lumière éclatante.
C’est une grande avancée vers le nord, empreinte de fraîcheur et de renouveau.
À l’approche de Shannon, le vent tombe peu à peu, et la mer se calme.
La glace devient de plus en plus présente, presque omniprésente, sculptant le paysage autour de nous.

L’après-midi est marquée par deux conférences captivantes.
Raymond, notre historien chevronné, nous relate la lente dérive du Hansa en perdition et l’hivernage de l’équipage du Germania sur l’île Sabine. Une épopée d’exploration polaire, à quelques encablures seulement de notre route actuelle.
Jean-Robert, quant à lui, nous fait découvrir la légendaire Patrouille Sirius, dont les membres parcourent les côtes sauvages du Parc National du Nord-Est en traîneaux à chiens, perpétuant une tradition vieille de plus de 70 ans.

Malgré un vent glacial, quelques passagers bravent le froid pour monter sur les ponts et capturer le spectacle du coucher de soleil arctique, d’une beauté sans égale, illuminant les icebergs d’une lumière dorée, presque irréelle.

Jour 8 – Mardi 10 septembre

Ce matin, Christian nous réveille une demi-heure plus tôt – à 7h – sous un soleil radieux, car l’Ocean Nova touche au but de cette journée : la banquise ! Nous avons dépassé les 76° de latitude nord, et quel spectacle que cette mer gelée baignée de soleil. Peu de voyageurs ont la chance de se rendre dans ce secteur du Groenland : nous sommes de véritables privilégiés. Nous naviguons au large de l’île Store Koldewey (la Grande Koldewey), nommée en l’honneur du commandant qui dirigea la Germania lors de la seconde expédition allemande au pôle Nord en 1869-1870, une histoire qui n’a plus de secrets pour nous grâce à Raymond.

Oubliée, la forte houle qui nous a tenus captifs durant les dernières 24 heures : il est temps de goûter à la froideur du Grand Nord et d’explorer ces glaces marines et leur écosystème unique, avec toujours en tête l’espoir de voir le roi de l’Arctique dans son habitat naturel. Et la chance est avec nous : à peine le petit-déjeuner englouti, un ours, reposant sur un floe, est repéré !

Nous observons également des mergules nains et des mouettes blanches, ces deux espèces d’oiseaux sont typiques de ces régions glaciales. Nous observons à nouveau  l’ours, ou plutôt un autre, car physiquement différent, déambulant au loin sur la banquise. Il nous offre cette image d’Épinal tant espérée. Dame Nature se montre si généreuse sous ces hautes latitudes, pour qui sait l’observer.

Grands Espaces - Banquise © Alexis Revillon

Après avoir laissé l’ours, nous explorons cet univers de glace avec curiosité : il y a tant à apprendre. Les guides nous en racontent l’histoire, le fonctionnement et l’avenir.

Après le déjeuner, nous ressortons en zodiac pour admirer un gigantesque iceberg tabulaire, comme seule cette région de l’hémisphère nord sait en produire. Fantastique balade le long de ce colosse de glace, qui dépasse allègrement le kilomètre de long. D’après les mesures prises par les guides lors de notre parcours en zodiac, il fait un peu plus de 1,3 km de long pour une hauteur variant de 5 à 10 mètres.

La fin d’après-midi est consacrée à une douce et belle navigation dans la banquise, sous une lumière somptueuse et un ciel pur. Un moment hors du temps, si loin de tout. Soudain, un nouvel ours est aperçu sur un floe. Il s’agit en fait d’une ourse, qui nous offre un spectacle somptueux au soleil couchant, pendant de très longues minutes. C’est certainement la plus belle observation depuis le début de notre voyage : grandiose !

Ce soir, il est difficile de rêver mieux que de s’endormir avec des images de banquise, d’ours et d’icebergs en tête, comme sorties d’un livre. Mais tout cela est bien réel : nous l’avons véritablement vécu en cette journée inoubliable.

Jour 9 – mercredi 11 septembre

Après une nuit paisible bercée par les flots, nous approchons de l’île de France, que nous découvrons baignée par la douce lumière du soleil à l’aube, juste avant le petit-déjeuner. Pour l’atteindre, nous devons nous frayer un passage à travers la banquise, repoussant ici et là quelques plaques de glace.

Dès 9h, une aventure en zodiac est organisée, nous emmenant vers le Cap Philippe et le Cap Saint-Jacques. Au cours de cette excursion, nous avons eu la chance d’apercevoir deux ours polaires majestueux, se détachant sur le sommet d’une crête. L’un d’eux nous a offert un magnifique spectacle en glissant dans la neige le long de la pente pour s’approcher du rivage, intrigué par la présence de ces visiteurs inattendus. Après un instant d’observation, il s’est glissé dans l’eau et a nagé nonchalamment le long du littoral, nous offrant une scène inoubliable.

Ours ouest Groenland

Nous nous réchauffons autour d’un délicieux déjeuner puis partons pour une nouvelle expédition, marquée par un moment historique : le tout premier débarquement de passagers d’un bateau de croisière sur l’île de France. Habituellement, seuls quelques scientifiques intrépides se rendent sur cette île isolée, nichée à près de 78°N, pour y mener leurs recherches. Nous immortalisons ce moment unique en prenant quelques photos de groupe.

De retour à bord de l’Ocean Nova, alors que la journée touche à sa fin, un nouveau débarquement se prépare, cette fois sur une immense plaque de banquise au nord de l’île. La brume commence à se lever doucement, enveloppant l’horizon d’un voile épais et mystérieux. Peu à peu, le monde autour de nous semble s’effacer, et seule la blancheur immaculée de la glace persiste sous nos pieds. Le silence devient presque palpable, et la lumière diffuse de la brume crée une atmosphère irréelle, presque fantomatique.

Ce moment suspendu dans le temps, où la nature reprend tous ses droits, marque la fin d’une journée inoubliable.

Jour 10 – jeudi 12 septembre

Après une nuit de navigation, nous émergeons de nos couchettes au Sud de la Baie de Dove. L’Ocean Nova fait route vers le détroit qui sépare l’Île Shannon de la Péninsule Hochstetter. La houle qui nous berçait gentiment s’atténue et c’est le temps pour des conférences.

Conférence de Christian Kempf tout d’abord, sur les glaces polaires, avec un focus sur la banquise et le pergélisol. Christian nous présente également ses intentions pour la suite de la croisière.

C’est en fin de matinée, au tour de Raymond PERRIN, de nous parler de l’incroyable histoire du Duc d’Orléans, qui baptisa l’Île de France, lors d’une expédition avec un explorateur Belge reconnu : Adrien de Gerlache. Cette expédition qui mêla prétentions territoriales et recherche scientifique permis notamment de mieux comprendre la dérive de la banquise et les courants marins qui longent la côte Est groenlandaise.

Le début d’après-midi est laissé libre pour que nous puissions nous reposer après la journée intense d’hier. Ensuite, nous entamons une navigation panoramique vers un fjord très étroit : le Smallefjord. Nous passons par le fjord Ardencaple et ses falaises très très colorées et impressionnantes vers le Cap Klinkerfues, puis nous bifurquons à gauche et entamons la remontée du Smallefjord.

Ce dernier est particulièrement étroit (environ 1 000 mètres de large) et enserré entre des falaises qui elles font plus de 1 600m de haut ! C’est tout simplement magnifique.

Notre chef d’expédition agrémente cette navigation de divers commentaires sur la géologie, les glaciers, etc.

Arrivés aux glaciers qui ont taillé cette vallée glaciaire emplie par les mers, on nous propose une marche qui pourrait permettre d’avoir une vue sur le Canongletscher. Une partie d’entre nous ira se dégourdir les pattes tandis que les autres iront avec l’Ocean Nova devant le front de glaces du Stejlgletscher voir la toute fin de ce fjord.

Pour les marcheurs, après quelques efforts et passages techniques, un très beau point de vue sur le glacier Canon sera trouvé. De nombreuses photos, un sentiment d’immensité et d’éternité, une minute de silence et nous voilà repartis pour la descente dans cette moraine dont nous comprenons maintenant bien la composition et la difficulté de cheminement qui la caractérise.

De retour à la plage, nous tombons sur d’anciennes traces d’ours que nous n’avions pas vu à l’aller… cela nous rappelle à quel point le seigneur de l’Arctique rôde et qu’il ne faut jamais baisser sa vigilance !

De retour à bord l’ambiance est au beau fixe après cette nouvelle très belle journée polaire.

Ce soir des Aurores sont prévues… les guides prennent le temps de nous expliquer comment profiter au mieux de ce phénomène extra-ordinaire et comment éventuellement le prendre en photo. Les prévisions seront-elles justes ?

Jour 11 – vendredi 13 septembre

L’Ocean Nova a navigué toute la nuit et, ce matin, à notre réveil, nous pouvons voir l’île de Clavering. Avant de s’enfoncer dans le golfe de Godthaab, nous passons au large d’un site dont le nom « Eskimonaes » rappelle qu’en ce lieu, quatre maisons de tourbe de la culture de Thulé ont été découvertes.

Pendant cette belle traversée, Nathanaël reviendra, au salon panoramique, sur les espèces d’oiseaux que nous avons eu la chance d’observer pendant notre voyage.

À 11h, c’est Fabrice qui prendra la parole pour nous parler du phénomène des aurores boréales. Cette nuit, beaucoup d’entre nous étaient très motivés à veiller sur les ponts afin d’avoir la chance de voir le ciel danser. Malheureusement, comme notre guide nous l’explique, nous étions trop au nord et, malgré un ciel dégagé, nous n’avons rien vu. Mais ce n’est que partie remise et, ce soir, si le ciel est dégagé, certains d’entre nous retourneront veiller.

Après le déjeuner, les zodiacs sont mis à l’eau à 13h afin que nous ayons le temps de profiter au maximum de ce grand ciel bleu et de ce lieu exceptionnel.
L’Ocean Nova a mouillé au large du fjord de Loch Fyne, dans lequel nos guides ont prévu de nous amener pour une longue navigation.
Nous avançons à bonne allure dans le fjord quand un passager pense avoir vu un ours grâce à ses jumelles. Notre guide dirige le zodiac vers ce point, qui s’avère être en fait un « caillou’rs », c’est-à-dire un caillou qui ressemble à s’y méprendre à un ours. Mathilde, une de nos directrices de croisière, qui regardait autour de ce point, repère cette fois un vrai ours qui marche à la lisière d’une toundra aux couleurs d’automne. Il est loin et se couche rapidement. Nous continuons notre navigation jusqu’à ce que Rémi, un de nos guides, trouve un deuxième ours, plutôt famélique. Ce fjord, qui sépare les terres d’Hudson de la Terre de Hold with Hope, est reconnu comme un passage à ours. Ils peuvent, par celui-ci, rejoindre la baie de Mackenzie près de Myggbukta. Cela explique que nous ayons vu deux ours sur une intervalle aussi courte. On comprend également mieux pourquoi cette zone a été privilégiée par les trappeurs. Quinze cabanes se trouvent dans les environs, sur la côte et dans les terres. Ce lieu possède une faune extrêmement riche : lemmings, renards polaires, bœufs musqués, ours et même des loups polaires sillonnent ces collines et ces plaines.

Nous observons plusieurs labbes parasites ainsi que de nombreux goélands bourgmestres dans une lagune. Puis, plus loin, alors que nous sommes en train d’observer deux bœufs musqués, Rémi nous informe qu’il a trouvé une chouette harfang. Cet animal emblématique, magnifique, que chacun rêve d’observer, est là, posé sur la toundra. Ce sont en fait trois harfangs que nous aurons la chance de voir.

Croisière Polaire Observation - Chouette Harfang

La présence de cet oiseau s’explique par une forte population de lemmings dont il dépend totalement. Ainsi, lors des années pauvres en rongeurs, la chouette est quasi absente ou ne se reproduit pas. Ces lemmings représentent la nourriture de base de nombreuses espèces : loup, hermine, labbe à longue queue…

Nous rentrons au bateau vers 17h. Cette longue sortie, par temps calme, avec de nombreuses observations et de splendides paysages, restera pour certains l’une des plus belles.

La journée se termine par un barbecue polaire sur le pont de l’Ocean Nova, pour profiter encore un peu plus des paysages du nord.

Jour 12 – samedi 14 septembre

Après cette nuit à rêver des aurores boréales observées quelques heures plus tôt, nous nous réveillons dans un univers féerique. Nous sommes en plein brouillard, la mer est calme, et l’Ocean Nova semble flotter dans un océan de nuages. Le ciel rayonne au-dessus de cette couche brumeuse, apportant une note chaleureuse à l’atmosphère ambiante.

Les opérations de ce matin se déroulent près du cap Humboldt, sur l’île d’Ymer. Un groupe de marcheurs progresse dans une toundra qui fut très certainement luxuriante en plein été, car elle regorge encore de végétation, colorée par l’arrivée de l’automne. Bouleaux nains, myrtilles des marais et raisins d’ours offrent un camaïeu rougeoyant qui embellit le paysage déjà très scénique. En effet, notre terrain de jeu s’étend entre deux canyons abrupts, que nous remontons tour à tour sur leurs flancs escarpés. Les roches sont magnifiques : un mélange de grès rouge, de roches sédimentaires plus claires et d’intrusions de basaltes sombres, créant une peinture naturelle sans égale. Le brouillard s’est levé et le soleil brille ; nous apercevons en contrebas la limite de la brume qui flirte avec notre navire, tel un décor mystique des premiers explorateurs. En chemin, nous pouvons observer des cascades, des vestiges de trappeurs et des crânes de bœufs musqués.

Pendant ce temps, le second groupe profite d’une croisière en zodiac et longe la côte près du site du cap Humboldt, où une hutte et des vestiges de trappeurs émergent du paysage. Ensuite, nous visitons une zone de petits icebergs et observons un magnifique groupe de sternes arctiques posées sur un glaçon. Un phoque barbu est également repéré par notre équipe d’expédition, juste avant qu’il ne soit temps de retourner à bord de l’Ocean Nova, dans une mer calme, sous un ciel bleu et un soleil radieux.

Phoque barbu

L’après-midi, nous naviguons dans un brouillard épais qui se dissipe peu à peu après quelques heures, ce qui est parfait pour lancer notre opération. Nous embarquons en croisière en zodiac autour de l’île de Bontekoe, à l’entrée du fjord François-Joseph. Cette excursion prend un véritable aspect d’exploration, avec la brume qui s’installe et la houle au nord de l’île formant de magnifiques et énormes vagues lisses. Nous avons la chance d’observer au loin un ours perché au sommet d’un promontoire, puis nous passons quelques minutes en compagnie d’un magnifique renard polaire vagabondant en bord de plage, à la recherche de quelque nourriture apportée par la houle.

Enfin, nous retournons vers le navire dans un brouillard très épais. L’ambiance est mystique : un superbe arc-en-brume apparaît au-dessus du navire, qui se dessine au loin. Une dernière vision onirique de ce site pour conclure une nouvelle journée polaire riche en émotions.

Avant le dîner, notre équipe d’expédition nous propose un récapitulatif à plusieurs voix, reprenant les observations des jours passés. Le harfang des neiges, le renard polaire, les trappeurs et l’arc-en-brume n’ont plus aucun secret pour nous !

JOUR 13 – Dimanche 15 septembre 2024

Ce matin, nous nous éveillons enveloppés dans un brouillard polaire, tandis que notre navire poursuit sa route le long de la mer du Groenland, en direction du village d’Ittoqqortoormiit. Après un bon petit-déjeuner, nous nous installons confortablement dans le salon panoramique pour assister à une série de conférences.

La première est dédiée au seigneur incontesté de l’Arctique : l’ours polaire. Fabrice nous dévoile les secrets de cet animal fascinant en nous parlant de son écologie, de son comportement et des stratégies de survie qu’il a développées pour s’adapter à son environnement extrême. Ses explications sont illustrées par nos récentes observations d’ours, que nous avons eu la chance d’apercevoir à plusieurs reprises. Il termine en nous sensibilisant aux nombreuses menaces qui pèsent sur cette espèce : le dérèglement climatique, bien sûr, mais aussi la chasse et les polluants qui s’accumulent dans l’Arctique.

C’est ensuite Christian Kempf, notre chef d’expédition, qui nous plonge dans l’histoire de l’ours polaire, en évoquant ce qu’il représentait pour les trappeurs d’autrefois et son importance pour les populations inuites, qui continuent de le vénérer.

Pendant cette conférence captivante, le brouillard qui nous entourait s’estompe progressivement, laissant entrevoir les majestueuses Alpes de Liverpool et nos derniers glaciers.

La session suivante est assurée par Rémi, qui nous parle des chiens de traîneau. Il retrace leur rôle essentiel dans l’exploration polaire et nous raconte l’incroyable épopée du sauvetage de Nome, frappé par la diphtérie, grâce à ces chiens courageux. Rémi, fort de son expérience en tant que musher en Finlande, partage avec nous de nombreuses anecdotes amusantes et instructives sur la vie avec ces chiens nordiques. Il termine en évoquant la place centrale du quimmiq, le chien groenlandais, dans la culture des peuples autochtones, le tout ponctué par un conte inuit qui capte toute notre attention.

Entre-temps, nous arrivons devant Ittoqqortoormiit, le village le plus septentrional de la côte est du Groenland, abritant 350 habitants. Ses maisons colorées contrastent avec la nature sauvage et solitaire environnante.

Après le déjeuner, Christian Kempf nous présente l’histoire de ce village isolé et ses points d’intérêt avant que nous débarquions sous un ciel radieux pour une exploration libre. Certains d’entre nous grimpent vers les hauteurs pour admirer les monuments en l’honneur de Charcot et Mikkelsen, deux explorateurs de légende, tandis que d’autres flânent dans le cœur du village, découvrant une charmante église scandinave peinte en rouge.

En face, l’office de tourisme propose de déguster du bœuf musqué et d’enfiler une tenue traditionnelle en peau d’ours. Plusieurs d’entre nous s’attardent à choisir des souvenirs à rapporter du Groenland, tandis que les habitants, bien que vaquant à leurs occupations, nous saluent avec chaleur à chaque rencontre.

À 16h, nous retrouvons nos guides près d’une petite rivière, où des chiens de traîneau sont stationnés pour l’été. Le musher local, également chasseur, nourrit ses chiens, qui se régalent aujourd’hui de croquettes, bien que les os de bœuf musqué autour d’eux témoignent de leur alimentation quotidienne. Sur son traîneau recouvert d’une peau d’ours polaire, sept adorables chiots, âgés d’un mois, nous attendent. Nous ne résistons pas à l’envie de les tenir dans nos bras et les photos fusent alors que nous les câlinons.

Après cette immersion dans le quotidien d’Ittoqqortoormiit, nous rejoignons l’Ocean Nova pour rendre nos bottes polaires.

La journée se poursuit dans le salon panoramique avec une reprise des conférences. Christian Kempf répond à quelques questions sur notre visite du village inuit, avant de passer la parole à Laurent, notre médecin et guide, qui nous raconte la vie de Jean-Baptiste Charcot, pionnier de l’exploration polaire. Ce soir, nous commémorerons les 88 ans de sa disparition. Un moment de silence empli d’émotion traverse la salle, suivi de chaleureux applaudissements.

Nathanaël nous emmène ensuite à la découverte des fjords, ces impressionnantes vallées glaciaires remplies par la mer. Nous venons de longer le Scoresby Sund, le plus long fjord du monde, mais d’autres célèbres fjords se trouvent au nord de l’Angleterre, en Norvège et au Spitzberg.

Enfin, notre chef d’expédition soulève la question de savoir comment atteindre le pôle Nord, point situé à 4 400 mètres sous l’océan Arctique. Chacun y va de sa suggestion amusée, mais l’on comprend vite à quel point cela représentait un exploit à l’époque des grands explorateurs.

Le dîner devait clore cette journée riche en découvertes, suivi d’une projection du film Nanouk l’Esquimau, mais au moment de déguster le dessert, une annonce du capitaine attire notre attention : une lune rouge se lève à l’horizon. Ce phénomène rare teinte la lune d’une teinte cuivrée envoûtante. Comme si cela ne suffisait pas, à la tombée de la nuit, les aurores boréales viennent ajouter leur spectacle magique, dansant dans le ciel pendant plusieurs heures.

Encore une journée pleine d’émotions qui restera gravée dans nos mémoires.

Lundi 16 septembre 2024

La matinée commence par une fascinante conférence de Rémi sur les Vikings. Il démystifie plusieurs idées reçues sur ce peuple souvent perçu comme barbare et rétablit la vérité, notamment en soulignant que les célèbres casques à cornes n’ont jamais existé.

Plusieurs fois, son discours est interrompu par l’apparition spectaculaire de rorquals communs tout autour du bateau. À un moment, il est même suggéré que l’une des baleines aperçues pourrait être une baleine bleue. Un rorqual est observé à seulement 50 mètres du navire, créant une excitation palpable parmi les passagers.

Ensuite, Nathanaël prend la parole pour aborder les glaciers et leur puissant impact sur le paysage, particulièrement en ce qui concerne l’érosion qu’ils provoquent. Il évoque également les incroyables archives climatiques que les glaciers renferment, révélées grâce aux carottages profonds. La fonte des glaciers, malheureusement en accélération, entraîne des conséquences écologiques majeures, comme la montée du niveau des mers.

L’après-midi est consacré aux résultats du concours photo, où l’on découvre de magnifiques clichés pris par les passagers. Puis, Fabrice nous offre une rétrospective de la croisière en images, dévoilant également quelques moments cocasses et les facettes moins connues des guides, ce qui provoque bien des éclats de rire.

Jean-Robert clôture la journée en nous projetant deux superbes vidéos tournées avec son drone, offrant une perspective unique sur les paysages arctiques que nous avons traversés.

La nuit tombe alors que nous naviguons sur une mer agitée. Cependant, en approchant de l’Eyjafjörður, les conditions se calment progressivement. Au petit matin, nous atteindrons le port d’Akureyri, marquant la fin de notre traversée.

Mardi 17 septembre 2024

En ce 17 septembre, nous retrouvons l’Islande et sa célèbre route circulaire n°1, que nous empruntons dans le sens inverse pour revenir dans la péninsule de Reykjanes. Même si notre retour à la civilisation commence, nous avons encore du mal à quitter mentalement ce voyage hors du temps. Les images des fjords majestueux, des nunataks enneigés, des icebergs gigantesques et des banquises infinies continuent de flotter dans nos esprits. La côte ouest de l’Islande, avec ses paysages plus doux, nous ramène peu à peu à la réalité, mais il est difficile d’oublier le parc du nord-est du Groenland où la nature sauvage règne en maître.

Les rencontres animalières ont marqué chaque passager : les imposants ours blancs, espiègles parfois, les impressionnants bœufs musqués, les lièvres arctiques d’un blanc immaculé, les discrets renards polaires, sans oublier les rares harfangs des neiges et les élégantes mouettes blanches. Et comme pour saluer notre départ, les aurores boréales ont brillé une dernière fois dans le ciel nocturne.

Notre périple nous mène ensuite à l’écomusée de Glaumbær, où nous découvrons d’incroyables maisons traditionnelles islandaises en bois et en tourbe. Ces habitations, recouvertes d’une couche d’herbe, étaient autrefois construites par les agriculteurs eux-mêmes et transmises de génération en génération.

Sur la route, les guides nous partagent des histoires captivantes de vikings, de chevaux islandais et de moutons, mais aussi des anecdotes amusantes sur les elfes et les trolls, figures incontournables de la mythologie islandaise.

Nous faisons une halte dans la capitale, Reykjavik, qui signifie « baie des fumées ». Il s’agit de la ville la plus septentrionale du monde, où vit une large majorité des 380 000 habitants de l’île. Fondée officiellement en 1786, elle occupe le site où s’établit Ingólfur Arnarson en 874. L’édifice le plus emblématique de la ville est sans conteste l’église Hallgrímskirkja, avec ses 75 mètres de hauteur, dont l’architecture s’inspire des orgues basaltiques.

En fin de journée, nous arrivons à notre hôtel à Keflavik, où un dernier dîner nous attend. Un léger pincement au cœur se fait sentir à l’idée de quitter ce cadre sublime, alors que demain matin, nous prendrons notre vol retour.

 

 

 

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Messages

  • FAMILLE BERNIER

    Merci pour ce dépaysement manuscrit, il nous manque des photos 😄 n’hésitez pas !
    Bonne croisière à vous et gros bisous à Willy

  • Caroline Karla Curti

    Bonne croisière !! Profitez bien… Fantastique😍 Suis de tout coeur avec vous! Bises à tous, +++ à mon père 😊

  • CHRISTIAN LEGER

    Je suis avec beaucoup d’envie votre
    voyage dans lequel est présent un ami : William CURTI que je vous demande de saluer pour moi.
    Bon périple

  • Laurette et Laurent

    On vibre avec vous, qui traversez ces contrées incroyables. Votre carnet de voyage nous fait revivre des moments inoubliables. Les amis, ne revenez ni trop tôt, ni trop vite! On vous embrasse,
    Laure-Françoise et Laurent

  • Agathe

    Mireille et Jean Pierre…. Que d’ours ! que d’ours !!!!!
    quelles magnifiques photos vous allez ramener …. il me tarde de les voir
    grosses bises à partager avec Mathilde

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