À bord de l’Amazon Dream, août 2015

Le guide et chef d’expédition

Marianne Duruel

Coordination et Photographie

Journal de bord

Jour 1

Du 13 au 16 Août 2015

jeudi 13 août

Après de bonnes conditions de vol sur nos différentes étapes, nous arrivons au Brésil, en Amazonie : Manaus, Bélem, Santarem…
Bientôt, les premières lumières du port apparaissent. Hélèna nous accueille chaleureusement et nous nous retrouvons rapidement à glisser sur les eaux du fleuve Tapajos vers notre charmant petit bateau caché dans une crique paisible. Bienvenue à bord !

vendredi 14 août

Après une nuit bien méritée, tout le monde se retrouve pour notre premier petit-déjeuner à bord puis un premier débarquement à Santarem. Baigné par les eaux du fleuve Tapajos, le port révèle toute son animation. Les bateaux de transport de passagers sont alignés le long du quai, les pirogues des pêcheurs côtoient les énormes « vraquiers » dont les soutes se remplissent de soja. Nous débarquons près d’un secteur très animé : celui du poisson. Sous le toit rouge des halles, une foule se presse autour des étals. De nombreux poissons d’espèces variés sont présentés. Normal, lorsque l’on sait qu’environ 3000 espèces de poissons peuplent les fleuves et rivières du vaste bassin de l’Amazonie. Des quantités de poissons-chats aux tailles et couleurs différentes, les célèbres piranhas dont les dents affutées font un peu frémir même si beaucoup d’espèces sont végétariennes… Tambaquis, tucunarés, pirarucus… les noms sont pour nous aussi exotiques que les poissons eux-mêmes.

Dans l’eau en contrebas, s’impatiente un groupe de botos, les fameux dauphins roses de l’Amazone, fins prêts pour un petit-déjeuner de poissons facilement gagné. Une aubaine pour les amateurs de photos et de films. Un beau spectacle, d’autant que les grandes aigrettes et cormorans sont aussi invités au festin. Le poissonnier rémunéré a le sourire, tout le monde en profite. Puis c’est le marché aux fruits, les préparations médicinales élaborées à partir des plantes de la forêt.

Retour au bateau, la navigation commence. D’abord, nous longeons l’étonnante rencontre des eaux acides du fleuve Tapajos, dit « d’eau noire » et celles de l’Amazone, gorgées de sédiments, dites « d’eau blanche ». Les eaux s’enroulent, des « panaches » se mêlent un peu, s’évitent. Il faut du temps pour que finalement le mélange soit homogène. Bientôt l’Amazon Dream ralentit, s’amarre et c’est gardé par un grand iguane vert que nous déjeunons. Les navettes nous emmènent bientôt pour l’exploration du lac de Maica. C’est notre premier contact avec l’univers si particulier des secteurs de Varzea, sous les eaux toute une partie de l’année.

Après une partie de pêche aux piranhas plus ou moins coopératifs, nous reprenons notre navigation par le canal de l’Ituqui et le fleuve Amazone vers l’embouchure du fleuve Curua Una. Bonne nuit sur les eaux paisibles du Curua Una (littéralement « eau noire ») !

samedi 15 août

Ce matin, le soleil se lève sur l’Amazon Dream baigné par de vastes étendues inondées. Devant le bruyant réveil des oiseaux et le passage régulier de toutes sortes de volatiles quittant leurs dortoirs vers les sites de nourrissage, c’est avec enthousiasme que nous montons à bord des navettes. La lumière est superbe, le paysage somptueux et les oiseaux nombreux. Des couples d’aras macavouannes passent très haut au-dessus de nous. Nous explorons les îlots qui sortent de l’immense étendue d’eau. Un couple de tyrans des savanes à la longue queue noire en ciseau. Mais ils ne sont pas prêts pour une démonstration de leur vol spectaculaire.

Qu’à cela ne tienne, nous continuons vers des amazones en plein petit-déjeuner. Ces perroquets tout verts sont pourtant bien cachés quand ils sont dans la végétation. L’un, parfaitement éclairé, joue les stars. Un peu plus loin, c’est toute une petite troupe de hoazins que nous avons la chance de rencontrer.

Le grand hoazin huppé possède un plumage fauve surmonté d’une huppe du plus bel effet, un oeil entouré de bleu et une gorge claire. Outre sa beauté, ce grand consommateur de feuilles est une curiosité par son système digestif qui repose sur la fermentation bactérienne comme celui des vaches… L’étrange oiseau à la maladresse notoire possède également l’étrangeté de posséder des ailes équipées de griffes quand il est jeune. En effet, les petits hoazins, en cas d’alerte, se jettent à l’eau puis remontent dans la végétation grâce à leurs ailes munies de griffes. De plus, c’est tout le groupe qui s’occupe d’aider le couple reproducteur. Ils participent à la construction du nid, à l’incubation, au nourrissage des jeunes et à la défense du territoire. Bientôt, c’est un grand urubu à tête rouge qui nous survole. Sans aucun battement d’aile, il utilise les ascendants pour prendre de la hauteur. Un caracara à tête jaune et une buse à tête blanche nous occupent encore un peu avant de s’attaquer à la pêche aux piranhas. Le lieu est plaisant, baigné d’ombre propice, mais les piranhas ont pris un copieux petit-déjeuner de viande… Mais les quelques maladroits qui se sont fait attraper ont déclenché l’enthousiasme.

Nous continuons notre navigation vers Pacoval. D’une piste sortie de la forêt, des grumes s’entassent sur des barges… Nous faisons encore quelques rencontres : martin-pêcheurs d’Amazonie, ibis mandore… À peu de distance du village, des buffles traversent à la nage le Curua Una. Nous bifurquons vers une des berges pour admirer les nénuphars géants. Le Victoria Regia dont les gigantesques feuilles forment de vrais radeaux sont en fleurs en ce moment. Le bouton s’ouvre d’une blancheur immaculée puis vire très rapidement au rose, puis mauve avant de dépérir. Quelle riche matinée…

L’après-midi, c’est la forêt qui nous occupe. Nous débarquons à niveau du village de Pacoval où vit une communauté de quilombolas (descendants des esclaves noirs réfugiés au XVIIIe siècle en Amazonie), le traversons et nous rendons par une piste dans une forêt privée. C’est l’occasion d’une première approche de ce milieu si particulier et riche.

dimanche 16 août

Le soleil se lève lorsque nous démarrons notre exploration matinale. Des dauphins roses pêchent près du bateau quand nous embarquons. Nous glissons d’abord dans un petit canal qui s’immisce entre des terres plantes ponctuellement de bananiers et de canne à sucre. Des maisonnettes sur pilotis, habitations traditionnelles des « cabocles », le « peuple des eaux », métis de Portugais et d’Amérindiens, des enfants nous saluent. Près du bétail, de nombreux hérons garde-bœufs s’agitent. Mais elles ne sont pas seules : grandes aigrettes, aigrettes neigeuses, petites sternes, becs en ciseau, dendrocygnes à ventre noir… passent en vols, pêchent, arpentent les différents terrains.

Puis c’est l’arrivée sur le vaste lac de Monte Alegre et ses 80 m de large. Nous en traversons une partie pour finalement nous faufiler dans de petits méandres propices à l’observation de la faune. Nous sommes accueillis par des tyrans des savanes, martins-pêcheurs et de charmants petits singes-écureuils. Pour qui sait observer, en cette saison où l’Amazone est en période de hautes eaux, le paysage au petit matin offre le superbe spectacle du réveil de la faune dans un milieu tout de vert « vêtu » aux multiples reflets émeraude. Au fil des méandres de ces vastes surfaces aquatiques d’où émerge ponctuellement le haut des barrières, nous avons la chance de croiser toute une famille de toucans aux superbes couleurs, de nombreux anis à bec lisse, les petits hérons striés craintifs et bavards s’envolent bruyamment… Un groupe d’hoazins huppés sont établis dans un arbre buissonnant dont la structure nous permet une belle observation. Les éclairs roux des jacanas noirs qui s’envolent par moments viennent animer les « radeaux » de jacinthes d’eau en fleurs.

Nous assistons également à la pêche traditionnelle locale. Deux pêcheurs font glisser dans l’eau leur filet de leur petite pirogue pour barrer un petit bras où le courant est sensible. Le filet est muni de flotteurs, quand l’un coule, c’est synonyme de belle prise et ils remontent le filet dans la pirogue. L’opération s’avère rapide et les prises de belle taille. Ici, tout le monde est pêcheur. Le « festival » se poursuit avec des buses à tête blanche, buses roussâtres, milans des marais… On se laisse même aller à s’extasier sur de charmants petits canetons… Des iguanes sont régulièrement repérés. Leur stratégie consiste à faire les morts ou tenter une intimidation à grand renfort de mouvements de tête, fanon (sorte de collerette) déployé. Puis, souvent, devant le fait que nous ne sommes nullement impressionnés, ils se laissent tomber dans l’eau. Nous regagnons l’Amazon Dream par de complexes canaux entrelacés sur lesquels nous croisons pas mal de monde. C’est dimanche, le jour de la messe. Nous faisons un petit arrêt à la salle des fêtes du village avant notre retour à bord pour le déjeuner.
Après une escale technique à Santarem et un arrêt baignade, nous naviguons vers le canal naturel du Jari, au bord duquel l’Amazon Dream mouille pour la nuit. C’est l’occasion d’une dernière petite sortie nocturne sous une somptueuse voûte céleste…

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Messages

  • Cécile

    Bonjour,
    Avec ce blog, je suis sûre que Rose passe un bon et beau séjour!
    Une bonne fin de séjour à tous.
    Cécile (la voisine de Rose)

  • Isabelle

    Merci de nous faire voyager grâce à tous ces moments vécus, notre imagination travaille en attendant les photos de Rose.
    Profitez bien de ces derniers jours avant le retour à la réalité urbaine.
    Isabelle (Voisine de Rose)

  • MOULIN Rose

    J’ai fait une croisière formidable sur l’Amazon Dream ! L’ambiance chaleureuse et le professionnalisme de l’équipage m’ont fait découvrir cette magnifique partie de l’Amazonie.
    Ne parlons pas de Marianne qui est toujours au « top » pour nous faire apprécier toutes les beautés de la nature.
    Merci ! de m’avoir permis de rêver dans ce monde plein de surprises.

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