
Marianne Duruel
Coordination et Photographie
9 septembre
19 septembre 2016
À bord de l’Amazon Dream, septembre 2016
Marianne Duruel
Coordination et Photographie
Journal de bord
Aéroport de Lisbonne, partis de Paris ou de Genève, nous nous retrouvons tous pour le vol vers les terres brésiliennes. Le vol transatlantique est paisible. Sao Paulo, énorme mégapole de près de 21 millions d’habitants, étire d’abord ses tours et axes routiers « pharaoniques » sous l’avion. C’est la facette du Brésil: plus grande économie d’Amérique latine, un pays intégré au cycle infernal de la mondialisation à tout va et dont la forêt amazonienne paie le prix fort…
Après le survol du plateau central « sculpté et repeint » aux couleurs de l’agriculture à l’échelle du pays, c’est Brasilia. La capitale brésilienne, vision du Brésil du futur, née de l’imagination de Niemeyer et Costa au début des années 60. Construite là pour mieux répartir la population du pays, elle compte aujourd’hui environ 4 millions d’habitants… Mais, bientôt, c’est Manaus et le géant Amazone. Face à la ville, on distingue nettement les eaux noires du Rio Negro qui s’écoulent sans se mélanger aux eaux dites blanches, mais, à ce niveau, ocres de l’Amazone. Il faut de nombreux kilomètres pour qu’elles se fondent ensemble… Puis, après avoir survolé la forêt, C’est l’ouverture du fleuve Tapajos dont les plages de sable clair contrastent sur le paysage. Cette année, les eaux sont manifestement moins hautes que l’année dernière. En fonction de l’intensité des basses et hautes eaux, le paysage est modelé et remodelé à grand renfort de bancs de sables. Sur le Tapajos, ils forment des plages paradisiaques « aux accents » de Caraïbes… Et voici: Santarem, 350 000 habitants, située au point de rencontre du Tapajos et de l’Amazone. Bienvenue à bord de l’Amazon Dream!
Après un accueil chaleureux et notre premier délicieux jus de fruit local, l’Amazon Dream large les amarres. Nous voilà tous sur le pont, à profiter de la navigation. Tandis que défilent les bateaux et constructions du port, jumelles et appareils photos sont de sortie.
Nous naviguons au fil des longues « retrouvailles » des eaux du Tapajos et de l’Amazone qui, comme à Manaus avec le rio Negro, ne se « précipitent » pas pour se mélanger… Sur les rives, la ville laisse peu à peu la place à la végétation de Varzea, cette zone inondée une partie de l’année, et aux maisons de caboclos ou cabocles, métis de Portugais et d’Indiens, sur pilotis. Premier coucher de soleil amazonien, première nuit amazonienne…
Le soleil se lève sur la Varzea, nous embarquons pour explorer le secteur vers le village de Pacoval. Nous avons quitté l’Amazone pour le Curua Una. C’est bientôt un festival, les oiseaux quittent leurs dortoirs pour aller se nourrir. Tandis qu’au-dessus de nos têtes passent les perroquets, sur les berges tout le monde s’affaire… Avec leurs couleurs chatoyantes, les petits canaris, les loriots à ventre jaune, les sturnelles militaires au flamboyant poitrail rouge s’activent. Un milan des marais déguste son crabe du matin. Les grands urubus étendent leurs puissantes ailes pour sécher la rosée matinale ou en profitent pour faire une toilette soignée avant de prendre leur envol. Noir, à tête rouge, à tête jaune… Ils sont tous là. Martins-pêcheurs à ventre roux, verts, amazoniens et les sternes pêchent. Les grandes silhouettes blanches des aigrettes ponctuent le majestueux dégradé de verts qui nous entoure. Les hérons striés, fidèles à leurs habitudes s’enfuient rapidement à notre approche. Mais… nous profitons de quelques raretés: un superbe héron coiffé nous laisse admirer son élégante aigrette, son cou au plumage rehaussé de jaune sur le blanc du reste du corps et le bleu turquoise de son bec et du tour de l’oeil… Bien élégant! Puis, moins élégants, quoique… Les kamichis cornus, grandes silhouettes noires mais au plumage parfois « dessiné à l’encre de Chine », eux aussi ornés d’une petite aigrette et à l’oeil jaune doré… Mais ils n’ont d’yeux que pour eux, car ils sont en pleine période de parade nuptiale… N’oublions pas les buses à tête blanche, balbuzards pêcheurs… Puis, nous nous enfonçons dans un charmant petit cours d’eau fréquenté aussi par bien des représentants de la gent ailée pour filer vers les célèbres nénuphars géants: Victoria Regia dont les gigantesques feuilles forment de vrais radeaux. Elles sortent de l’eau avec une forme de coeur et comme gaufrées puis grandissent, grandissent… La fleur, d’abord bouton blanc, s’ouvre d’une blancheur immaculée puis vire très rapidement au rose, puis mauve avant de dépérir. Angelo nous fait une belle démonstration de « chapeau brésilien »… Mais la « Terra firma », la terre ferme nous attend à Pacoval, où vit une communauté de Quilombolas (descendants des esclaves noirs réfugiés au XVIIIe siècle en Amazonie)… C’est en pick-up que nous rejoignons la forêt « miraculée » de la déforestation intensive pratiquée pour l’élevage dans toute cette région.
Premier contact avec la forêt amazonienne, concert de cigales dès que soleil apparait, silence au moindre nuage… Les appels des caciques, l’oiseau ennemi des chasseurs, qui informe bruyamment de l’approche d’intrus… Les étonnants petits « phares » maçonnés interpellent bientôt les marcheurs: racines, champignons… Non: nid de cigale! Leur profondeur est de près d’un mètre sous terre et une petite colonne d’une trentaine de cm se dresse sur le sol. Il en sortira une cigale bien finie qui laissera sa première mue sur le bord de la petite colonne soigneusement décapitée…Karim et le propriétaire de la parcelle nous expliquent les noms et utilisations des arbres. Nous observons les robustes troncs des picias dont les fleurs jaunes jonchent régulièrement le sol. L’itauba, si résistant aux termites et aux méfaits de l’eau, est le bois favori pour la construction des bateaux…. Le massaranduba sert pour fabriquer les meubles. L’écorce du preciosa sert à parfumer les maisons. Le tiborana permet de communiquer tel un « tam tam » géant. Le latex de l’amapa peut être utilisé tel le lait de vache et se révèle être excellent contre les douleurs d’estomac. C’est avec dextérité que le propriétaire des lieux prépare une palme du palmier curua pour en faire un parfait élément de la couverture d’une toiture traditionnelle. Comme celle de la petite paillotte sous laquelle un jus d’açaï au manioc nous est offert. Et nous voici repartis de plus belle.
L’après-midi est consacré à la navigation vers Monte Alegre. Enfin, un petit tour en annexe au coucher du soleil nous offre un beau spectacle local ponctué de libellules… Quelques dauphins assurent le spectacle…
Suivez nos voyages en cours, grâce aux carnets de voyages rédigés par nos guides.
Pour une meilleure expérience, nous vous conseillons de tourner votre tablette en paysage
Messages
Magnifique voyage. Un grand MERCI à Marianne et Karim pour leurs compétences, merci encore à Marianne pour son compte-rendu qui m’est bien utile pour me resituer.
Quant au Pantanal, décors et climat différent, mais aussi très beau. On espère, Marianne, que tu pourras faire l’ensemble du voyage la prochaine fois.
Meilleures salutations
Yolande et Charles, les Suisses