
Marianne Duruel
Coordination et Photographie
21 août
2 septembre 2018
À bord de l'Amazon Dream, août 2018
Marianne Duruel
Coordination et Photographie
Journal de bord
Partis, respectivement, de Belgique, de France et de Suisse, la majorité du groupe se retrouve à Lisbonne. L’ambiance est rapidement chaleureuse. Finalement chacun s’installe dans l’avion pour le vol transatlantique.
Le débarquement à Belém se fait dans une « douce » chaleur : bienvenue au Brésil ! Le premier contact avec la souriante nonchalance brésilienne est déjà dépaysant… Après un passage rapide des formalités, nous retrouvons Ruth, notre guide. Et nous voici dans notre bus en route vers la vieille ville de Belém. Une vingtaine de minutes nous séparent de notre lieu d’hébergement. Nous longeons les quais donnant sur la baie de Guajara, passons le célèbre marché Ver’O Peso, le port de pêche et la cathédrale. Ruth évoque la ville et son style de vie, nous fait remarquer les façades des maisons construites au XIXe siècle, à l’époque du boom du caoutchouc. Finalement nous arrivons à la Quinta Da Pedras. Le patio de l’ancien monastère est joliment éclairé. Après un léger souper, nous regagnons nos chambres respectives pour un repos bien mérité dans ce cadre fort agréable.
Premier petit-déjeuner brésilien pris sur fond de montée des couleurs par la marine brésilienne sur le petit square d’en face. Nous partons à pied pour le parc Mangal das Garças (littéralement : la mangrove des aigrettes). Dès l’entrée, le ton est donné avec les fleurs et les fruits de « l’abricot de Macaco ». C’est un bon exemple de cauliflorie, lorsque fleurs et fruits poussent sur le tronc et les branches des arbres, une des caractéristiques de certains arbres de la forêt tropicale humide.
Puis, nous découvrons tout un panel de la faune amazonienne. En effet, là, vivent paisiblement des rescapés du braconnage, souvent confisqués à des particuliers, et relâchés dans ce parc, car incapables de survivre en milieu naturel. Il faut savoir que le commerce des animaux sauvages, morts ou vivants, est le 3e commerce illicite le plus lucratif après la drogue et les armes…
Ce trafic rapporte plus de 14 milliards d’euros par an… Les aigrettes sont nombreuses : grande aigrette (bec jaune, pattes et pieds noirs), aigrettes garzettes ou neigeuse (bec noir, pattes noires et pieds jaunes). Des iguanes sont en plein petit-déjeuner. Autour et sur de vastes plans d’eau, on trouve : canards amazonettes, dendrocygnes veufs, ibis rouge, flamands, hérons cocoï… Des volatiles timides que nous pouvons observer et photographier de tout près. Nous montons au sommet de la tour qui offre une belle perspective sur la ville de Belém, la baie de Guajara et le Rio Guama. L’Amazone est à une cinquantaine de kilomètres et l’océan Atlantique à 120 km. Dans une vaste volière vivent : des spatules roses, hoccos alector tout de noir vêtus, ortalides motmot, râles de Cayenne… Quelques tortues sortent leur nez de l’eau pour respirer. Une autre volière est consacrée aux papillons. Une nouvelle bonne occasion d’observer et photographier tout à loisir ces papillons très discrets et rapides dans leur milieu naturel : oeil de chouette (de la famille du morpho), Julia (un héliconia orange)… Quelques piranhas noirs et une raie du Xingu (toute noire à taches claires) complètent la collection. Dehors, c’est l’heure du repas des échassiers. Le grand jabiru est de la partie… Notre déjeuner est l’occasion de traverser une partie de la vieille ville et d’en apprendre plus sur Belém et le Brésil. La ville des manguiers compte 2 millions d’habitants. Ancienne ville prospère à l’époque du boom du caoutchouc, la ville abrite à l’heure actuelle une population aisée mélangée à une très pauvre comme ceux qui font commerce des mangues tombées des arbres qui bordent les avenues… Le système éducatif est, lui aussi à « 2 vitesses »… Les cours ont lieu le matin ou l’après-midi, faute de place, pour les nombreux enfants. Les écoles privées sont très chères. Dans ce quartier aux belles façades XIXe restaurées, on se presse autour des écoles privées… Notre restaurant est un parc arboré. On y trouve une belle collection d’orchidées. Après un petit repos bien mérité, nous partons vers l’aéroport. Le vol vers Santarem survole les méandres de l’Amazone, les vastes zones inondées et la forêt… Nous sommes accueillis par Karim et bientôt découvrons notre charmant petit Amazon Dream. C’est le début de la croisière !
L’Amazon Dream a passé la nuit sur l’autre rive du Tapajos, en face de Santarem. Nous nous réveillons bercés par le chant des oiseaux, d’abord quelques-uns puis une vraie chorale. La navigation nous entraîne à la limite du contact entre les eaux du Tapajos et celles de l’Amazone. Des différences de densité, d’acidité, de température et de vitesse d’écoulement font que les eaux tardent à se mêler. Pendant de larges sections, les volutes ocre de l’Amazone forment des arabesques dans les eaux claires du Tapajos avant que ce dernier ne rende les armes et ne disparaisse dans la masse ocre… C’est un milieu riche où les poissons sont nombreux.
Les pêcheurs s’y pressent tout comme les dauphins… Nous voyons nos premiers tucuxis ou sotalies, petits dauphins gris à l’allure identique à celle des dauphins marins et quelques botos, les dauphins roses. Arrivés face à l’entrée vers le lac Maica, nous embarquons sur les annexes pour partir l’explorer. Nous nous immisçons dans le labyrinthe aquatique. Les rives sont d’abord couvertes de forêt de varzea. Palmiers et cécropias en sont les arbres phares. C’est bientôt le festival des oiseaux : martin-pêcheur à ventre roux (souvent fugace, car très timide), de nombreux urubus à tête noire et bientôt quelques urubus à tête rouge, caracara à tête jaune (les pilleurs de nids d’oiseaux de petite taille dont ils sont régulièrement poursuivis pour les éloigner des nids…), des perroquets : touis été, touis à ailes variées, caïque à queue courte, amazone tavoua et même quelques aras nobles… Des petites hirondelles à ailes blanches se posent régulièrement sur les promontoires. Nous croisons des pirogues dont les propriétaires s’adonnent à la pêche selon des techniques variées : la plus spectaculaire est certes la pêche à l’épervier. C’est aussi la plus photogénique… Mais on pêche aussi au filet de 25 à 100 m le plus souvent, mais parfois jusqu’à 250 m… Les casiers verts servent à attraper des crevettes. Nous avons la chance de rencontrer un beau paresseux à 3 doigts ou paresseux à gorge claire, bien connu des cruciverbistes, car il est connu aussi sous le nom d’aï ou d’unau. Nous sommes d’autant plus chanceux qu’il se déplace. Nous le découvrons en plein petit-déjeuner de feuilles qu’il consomme la tête en bas… Puis, il se tourne et étudie son arbre. Nous voyons parfaitement son étrange tête qui semble porter un sourire énigmatique et son incroyable souplesse : il peut tourner la tête à 270° grâce à ses 9 vertèbres… Sa décision bien sous-pesée de changer de « table », il se lance dans un long déplacement que nous suivons avec attention. Quel étrange animal ! Nous continuons notre navigation. Les libellules sont légion. Les plus téméraires traquent le martin-pêcheur à ventre roux. Heureusement, d’autres oiseaux sont plus coopératifs, comme la buse à tête blanche, le milan des marais au bec si crochu (adapté à sa nourriture constituée d’escargots d’eau douce). Jacanas à dos noirs, nombreuses aigrettes dont l’aigrette bleue : adulte, juvénile d’un an et juvénile de 2 ans, iguanes… s’ajoutent à la fructueuse « moisson » des photographes au sourire de plus en plus large…
À bord nous attend un excellent déjeuner. C’est après une belle navigation sur le canal d’Ituqui, assorti de sieste, causerie sur la forêt de varzea et surtout point précis sur les nombreux oiseaux rencontrés que nous rembarquons sur les annexes. La lumière est superbe. Des dauphins roses pêchent l’embouchure de la rivière Curua Una. Les oiseaux regagnent leurs dortoirs pour la nuit. Des singes hurleurs nous font une sérénade locale fort impressionnante… Nous finirons par repérer les « coupables » devenus silencieux… Le coucher de soleil est sublime. Quel beau moment partagé ! Finalement, après le dîner une petite navigation nocturne nous offre un joli petit caïman, de nombreux engoulevents et d’étonnantes fleurs des gigantesques nénuphars : victoria regia d’un blanc pur immaculé se reflétant sous le clair de lune… Quelle région incroyable !
Ce matin, nous nous réveillons près du village de Pacoval. Notre première sortie en annexes de la journée commence intensément. Dans la forêt de terre ferme qui coiffe la petite falaise proche de l’Amazon Dream, il y a du monde…
Un beau martin-pêcheur à ventre roux est en train de pêcher. Une famille de singes hurleurs se réveille paisiblement.
Un jeune joue au-dessus des adultes et finit uniquement accroché par sa queue préhensile. Un peu plus haut, 3 toucans araçaris et 2 toucans Toco au proéminent bec jaune sont en pleine toilette du matin. Sur les radeaux de plantes aquatiques variées, on s’active. Nous croisons des jacanas noirs, un courlan brun, des petits groupes d’hirondelles à ailes blanches, un couple de hérons mandore… Nous arrivons au niveau des superbes nénuphars « Vitoria regia » vus la veille de nuit.
Les fleurs d’un blanc immaculé ou rose-violet se reflètent dans l’eau. Les feuilles géantes sont à différents stades de croissance. Et la chance nous sourit : des hoazins huppés ! Les grands oiseaux aux étranges « discussions » font l’objet d’une séance photo soignée… Nous remontons, maintenant, la Curua Una. Un troupeau de buffles, marchant et nageant, s’en va tranquillement, seul, gagner son secteur de pâture. Nous gagnons notre lieu de pêche aux piranhas, non sans avoir profité de la beauté des rives et d’un grand singe hurleur mâle en plein repos, allongé sur une grosse branche. Les piranhas ont bien mangé… Nos amis belges affichent un score de 10 piranhas… Retour à bord rapide et nous voilà repartis en balade pédestre dans le village de Pacoval. Dès notre retour, l’Amazon Dream « lève l’ancre ».
Pendant la belle navigation d’abord sur la Curua Una puis sur l’Amazone, l’heure est à la détente. Après un excellent déjeuner, certains sacrifient à la sieste, d’autres savourent le paysage. Puis, tandis que défilent les berges du grand fleuve, nous parlons Amazone et Amazonie, évoquons la mer Pebas, l’histoire géologique de cette fabuleuse région et ses conséquences sur l’évolution de certaines espèces… L’hoazin, cet oiseau extraordinaire, sorte de chaînon manquant entre l’archéoptéryx et les oiseaux actuels, fait également l’objet d’une présentation. Son intimité est des plus intéressantes. C’est le seul animal à sang chaud qui ne soit pas un mammifère présentant un tel système de digestion de la cellulose, à la manière des ruminants. Afin de pouvoir digérer la cellulose des feuilles, l’hoazin a développé un jabot particulier qui fonctionne comme le rumen des ruminants. Ce jabot et l’œsophage de l’oiseau hébergent des bactéries qui dégradent la cellulose et en permettent l’assimilation. Son anatomie en pâtit et il vole très maladroitement.
Ses jeunes, en cas de danger, se laissent tomber à l’eau puis, l’alerte passée, regagnent le nid grâce à des sortes de griffes aux coudes…
De plus, l’hoazin huppé est un très bel oiseau. Nous finissons la causerie par la description de la symbiose entre le Cécropia ou Imbauba du Brésil. Cet arbre pionnier leurre de petites fourmis en leur fournissant des oeufs factices pour qu’elles installent leur fourmilière dans son tronc creux et se nourrissent des insectes importuns venus dévorer les feuilles du cécropia. Les fourmis en tirent l’avantage d’un gîte confortable et protégé de la crue. L’arbre sauve son feuillage ainsi bien gardé…
des souffles attirent notre attention. Autour du bateau, c’est un incroyable ballet de botos, les célèbres dauphins roses de l’Amazone et de sotalies, les petits dauphins gris. Ils sont, en nombre, en pleine pêche : un bien beau spectacle ! Nous embarquons dans les annexes pour… tenter… d’immortaliser la scène. Sur un banc de sable sont posés des urubus à tête noire, des sternes d’Amazonie et 2 petits chevaliers. C’est l’heure du bain pour les sternes. Nous, nous descendons un peu l’Amazone pour rentrer dans un des canaux de cette région de Tapara où la terre limoneuse se prête à une excellente production agricole : bananiers, papayers croulants sous les fruits, courges « de compétition »… Nous sommes chaleureusement reçus dans une propriété aux constructions sur pilotis. Après le coucher du soleil, nous rentrons au bateau, chargés de régimes de bananes et de fort belles courges…
Ce matin, nous partons découvrir la région de Tapara. Les dauphins sont toujours nombreux et nous en profitons encore un peu. Un pêcheur est tranquillement en train de remonter son filet un peu plus loin. Tandis que l’Amazon Dream s’éloigne sur le fleuve Amazone, nous pénétrons dans un chenal. De part et d’autre, le riche limon profite manifestement à tout le monde : bétail, cultures, pêche… Tout est florissant. Sur les cécropias, des iguanes se réchauffent au soleil, en pleine décontraction, pattes pendantes… Aigrettes, hérons striés, martins-pêcheurs et sur les buissons et barrières : orioles des champs, les tout petits perroquets : touis été, des anis en groupes familiaux… animent le voisinage. Finalement, nous débouchons sur le lac de Monte Alegre. Le vent est de la partie et c’est complètement disparus sous nos ponchos que nous entreprenons la traversée de son extrémité. Nous arrivons face à un paysage bucolique à souhait. Des cochons fourragent dans la vase avec délectation sur la rive menant à une jolie maisonnette sur pilotis. Sur un banc de sable, c’est la foule : becs en ciseau, sternes d’Amazonie adultes et juvéniles, vanneaux de Cayenne, grands chevaliers, orioles… Nous pénétrons dans la forêt par un petit cours d’eau.
Les pics et les hérons striés ne sont pas très coopératifs avec les photographes… Nous explorons les voûtes de verdures et tentons de décrypter les chants multiples et les moindres mouvements dans la végétation. Les rencontres sont le plus souvent fugitives, mais parfois fort belles comme celle du grand ibijau. Ce cousin des engoulevents, à l’apparence étonnante, est endormi au sommet du tronc d’un arbre mort.
Quelques toucans araçaris déjeunent des fruits d’un cécropia. Aigrettes et hérons font des décollages dans des envolées de plumes, mais pattes toujours bien rangées… Les milans des marais nous surveillent de leurs yeux rouges. Dans les fazendas, on cloue, on scie, on remet en état barrières, pontons, maisons sur pilotis un peu martyrisés par la crue. Mais pour le « peuple de l’eau », les cabocles, ces descendants du métissage des Portugais et des Indiens, tout ça n’est que le rythme de la vie locale. À force de patience, les photographes finissent par saisir le héron strié au vol, le martin-pêcheur concentré sur sa pêche… Finalement, nous regagnons le cours central sur lequel le trafic est beaucoup plus important : petites pirogues, bateaux de transport de passagers. Il règne par ici une atmosphère paisible. La vie quotidienne se déroule sous nos yeux. On se douche au bord de l’eau avant de remplir le seau une dernière fois pour ramener l’eau à la maison. On pêche, on lave le linge… Nous faisons une petite halte dans une des « épiceries » du coin (3 pour environ 40 000 habitants). On y trouve de tout : épicerie bien sûr, mais aussi matériel de pêche, siphons pour éviers, couches pour bébés, hélices, coupe coupe… Tout pour dépanner est là, même si l’usage est de faire ses achats à Santarem en emmenant au marché poissons, régimes de bananes, papayes… Nous regagnons l’Amazon Dream.
Dès à bord, nous naviguons direction Santarem. La rencontre des eaux du Tapajos et de l’Amazon est bien visible. Tandis que certains vont à terre découvrir le musée et de la vue du pied de l’ancien fort de la ville, les autres profitent du calme de notre charmant bateau.
Finalement, nous naviguons vers le canal de Jari. Cette étape riche en faune nous permet de passer un excellent moment dès la première croisière au coucher du soleil.
Notre exploration du canal de Jari débute par une balade à pied sur la propriété de Rosa Angela, un bon exemple de succès d’une initiative personnelle. Malgré toutes les protestations familiales, elle a gardé le milieu naturel sur son terrain quand tout le monde coupait tout pour faire de l’élevage bovin. Résultat : aujourd’hui, elle a une belle forêt dans laquelle on trouve toutes sortes d’animaux et l’on vient de partout visiter sa petite réserve. Tout autour, du bétail souvent squelettique, car dépendant de la rapidité de la décrue, rapporte de moins en moins. À tel point que, ironie du sort, la communauté a tenté d’argumenter pour se faire reverser une partie des revenus générés par la réserve, qu’il a fallu clôturer pour en faire respecter l’intégrité… Rosa, armée d’un coupe-coupe immense, nous décortique avec aisance des noix de sapucaïa (différentes des noix du Brésil) avec lesquelles elle fait d’excellents petits sablés. L’énorme fruit du noyer de sapucaïa est équipé d’un opercule qui se détache lorsque le fruit est mûr. Les noix font alors la joie des perroquets, pécaris, tapirs. Les locaux préfèrent couper l’énorme fruit avant qu’il ne s’ouvre pour éviter la concurrence. Et nous voici partis explorer la forêt. Nous y rencontrons 2 paresseux adultes et un tout jeune en pleine sieste dans une fourche de cécropia. De charmants petits saïmiris ou singes-écureuils nous ont fait de belles démonstrations de leur agilité et rapidité. Les oiseaux sont nombreux et les chants fusent de toutes parts. Nous immortalisons l’étrange grand ibijau au mimétisme parfait avec la couleur du tronc sur lequel il dort. Un pic au plumage jaune doré fait une apparition… Nez en l’air, nous scrutons dans la grande variété d’essences d’arbres qui nous entourent. Sur le sol au pied d’un beau génipapo, des fleurs jaunes, très parfumées, jonchent le sol. Certains Indiens, en particulier les Mundurucus, extraient la couleur noire pour réaliser leurs peintures corporelles. La suite de la découverte du canal de Jari se fait en annexe. Nous en suivons le cours. On s’affaire dans les maisons sur pilotis. Le bétail, souvent complètement dans l’eau, se nourrit dans la végétation du bord, souvent surmontés d’un héron garde-boeufs, d’une aigrette ou d’un jacana opportuniste qui profite du dérangement des insectes… Des petits bateaux variés vont et viennent. La moisson des photographes est bonne. Tout un groupe d’ibis mandore s’envole devant une petite église bleue de la trilogie de toute la région : église, école, salle des fêtes… Trois imposants kamichis cornus se reposent au sommet d’un énorme buisson dans lequel est aussi installée une famille de hoazins. Nous nous enfilons dans un étroit petit canal qui s’ouvre plus loin sur de vastes étendues de terre et d’eau. Il y a foule. Le bétail est partout. Un très bel onoré rayé est en pleine pêche. Petits perroquets variés, jacanas à dos noir, aigrettes multiples, canards amazonette, dendrocygnes à ventre noir font de nombreux décollages autour de nous.
Les limicoles sont de la partie : grands chevaliers, petits chevaliers, tournepierres à collier, échasses blanches… Nous regagnons l’Amazon Dream en faisant un large détour, car la décrue a rendu les passages intérieurs impraticables. Quelle belle matinée !
Dès notre retour à bord, nous naviguons vers Urucurea. Nous retrouvons ces vastes étendues d’eau qui nous donnent vraiment l’impression d’être en mer. Il faut dire que le fleuve Tapajos est le 4e affluent de l’Amazone par sa puissance et que nous sommes au point de rencontre des eaux du Tapajos, de l’Arapuins et du canal de Jari. La navigation est agréable. Bientôt, la forêt se profile et nous pénétrons à l’embouchure du fleuve Arapuins dont les rives escarpées sont une nouveauté pour nous. Nous venons de la forêt de varzea (inondée une partie de l’année) et rentrons dans le secteur de la forêt de terre ferme. De jolies plages ponctuent le paysage. C’est l’heure d’une baignade fort agréable… Après quoi, nous parlons paresseux, singes sud-américains, jaguars… avant de partir faire notre petite croisière du coucher du soleil. Cette belle journée se termine par un dîner très apprécié !
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